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Un séminaire pour structurer la collaboration franco-britannique autour des compétences nucléaires


En novembre 2018, un séminaire franco-britannique dédié aux approches innovantes des compétences nucléaires était organisé à Londres par l’INSTN et le NSSG (Nuclear Skills Strategy Group) britannique. Il visait à dresser un état des lieux de l’avancée de la collaboration franco-britannique dans ce secteur, et à la structurer autour d’objectifs précis.


La France et le Royaume-Uni ont été des pionniers de l’énergie nucléaire, rapidement perçue comme un gage d’indépendance, surtout en France où les ressources fossiles ont toujours été particulièrement limitées. À cela s’ajoute la problématique climatique, devenue une préoccupation majeure ces dernières décennies, qui oblige les États à décarboner rapidement et en profondeur leur économie. Fort de ce constat, le Royaume-Uni poursuit actuellement une stratégie ambitieuse de remplacement et d’extension de son parc nucléaire. En France, EDF a initié le Grand carénage destiné à prolonger la durée d’exploitation de ses réacteurs et en prépare le remplacement par des EPR.

Genèse de la coopération dans le domaine des compétences

Les programmes nucléaires français et britanniques requièrent une main d’œuvre à la fois abondante et qualifiée dans tout l’éventail des compétences requises par cette industrie de pointe. C’est pourquoi lors du Sommet franco-britannique en janvier 2018, les Secrétaires d’État Richard Harrington (Department for Business, Energy and Industrial Strategy) et Brune Poirson (Ministère de la transition écologique et solidaire) ont annoncé que les compétences seraient une priorité de la coopération franco-britannique dans le secteur nucléaire, aux côtés du démantèlement et de la gestion des déchets.

En application de cette volonté, le NSSG britannique (Nuclear Skills Strategy Group) et l’INSTN français ont été chargés d’organiser un premier séminaire à Paris en mai 2018, réunissant les principaux acteurs du secteur (entreprises, universités, organismes de recherche, administrations, ONG…). Cinq groupes de travail permanents y ont été constitués autour de thématiques précises : gestion de l’expertise, carrières et formation professionnelle, mobilité intersectorielle, diversité et attractivité des matières scientifiques et des sciences nucléaires auprès des jeunes. Leur mission est de parvenir à une vision claire des pratiques dans chacun de ces domaines des deux côtés de la Manche, d’identifier des pistes d’amélioration et d’accompagner leur mise en place.

 

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Le séminaire s'est tenu à la résidence de l'ambassadeur de France au Royaume-Uni. Jean-Pierre Jouyet, l'ambassadeur de France au Royaume-Uni, a ouvert le séminaire et Stephen Speed (photo), Directeur nucléaire au Department for Business, Energy and Industrial Strategy, l'a cloturé.

Avancée des travaux

À l’issue de premier séminaire, les groupes de travail ont exploré leur thématique, en se concentrant essentiellement sur l’analyse des pratiques dans les deux pays séparément. Le second séminaire, organisé début novembre, a permis de faire émerger des objectifs communs.

On retiendra à titre d’exemple que le groupe sur l’expertise s’est fixé celui de dresser un panorama des domaines faisant face à un manque généralisé d’experts, grâce à une enquête large auprès des différents organismes et entreprises du secteur. L’origine de ces déficits sera recherchée afin de proposer des mesures correctives.

Autre exemple, le groupe sur les carrières et la formation professionnelle cherche à simplifier les échanges de main d’œuvre qualifiée et certifiée entre les deux pays. Aujourd’hui, les certifications ont un périmètre national et toute personne employée, amenée à travailler de l’autre côté de la Manche doit y être requalifiée. Une comparaison des processus de formation et de certification dans un domaine précis (comme la radioprotection) a donc été amorcée pour étudier la faisabilité d’une certification commune.

Plusieurs groupes ont relevé que l’image « injustement » dégradée de l’énergie nucléaire dans l’opinion obère l’attractivité de la filière et complexifie le recrutement des talents dont elle a besoin. L’une des raisons avancées réside dans la « prudence » de la communication des acteurs du secteur qui se concentrent sur ce qui inquiète (sûreté, démantèlement, déchets) plutôt que sur les points forts du nucléaire (puissant outil de lutte contre le changement climatique, atout de sécurité énergétique…).

Enfin, il est nécessaire que la filière soit parfaitement structurée et organisée, ce qui est le cas au Royaume-Uni avec le NSSG et la NIA, mais à parfaire en France avec le CSFN et le GIFEN.

Prochain point d’étape au printemps 2019

Un prochain séminaire devrait être organisé en mai ou juin 2019 afin d’établir un point d’avancement et définir de nouveaux objectifs. Ce sera juste après la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne. Afin de faire prévaloir l’amitié qui lie les deux pays, au-delà d’une volonté forte de collaboration dans le domaine du nucléaire, cette rencontre se déroulerait en Normandie. Un lieu et symbole fort, à l’approche des célébrations des 75 ans du débarquement.